Les inventions du vivant — la soie du gecko
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Que peut apprendre l'ingénieur en observant le vivant ?
En l'an deux mille, Kellar Autumn et ses collègues ont mesuré directement la force d'adhérence d'une seule soie de gecko : cent quatre-vingt-quatorze micronewtons, plus ou moins vingt-cinq.
C'est dix fois plus que les estimations déduites de l'animal entier.
Un pied de gecko porte près de cinq cent mille soies de kératine, longues de trente à cent trente micromètres.
Chaque soie se termine par des centaines de spatules de deux à cinq dixièmes de micromètre.
Si toutes adhéraient en même temps et au maximum, un seul pied pourrait produire environ cent newtons, soit une pression de l'ordre de dix atmosphères.
Trois réserves importantes.
Cette valeur de cent newtons est une extrapolation théorique, jamais observée chez l'animal complet.
Les mesures de deux mille soutiennent l'hypothèse de forces d'attraction moléculaire, dites forces de van der Waals, mais des travaux ultérieurs ajoutent une contribution capillaire secondaire : le mécanisme n'est pas définitivement tranché, et nous publions ce point avec le badge DÉBATTU.
Enfin, copier une structure biologique dans un matériau ne reproduit pas la totalité du système vivant.
L'admiration pour l'original et l'ingénierie humaine sont deux choses distinctes : nous publions cette réflexion avec le badge RÉFLEXION.