Les sens que nous n'avons pas — la boussole invisible
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Comment perçoit-on un champ magnétique que nul œil ne voit ?
Les oiseaux chanteurs migrateurs nocturnes utilisent, parmi d'autres repères, une boussole magnétique dépendante de la lumière.
C'est un phénomène comportemental établi, mais le récepteur précis reste l'objet de recherches.
En 2021, la photochimie du cryptochrome 4 du rouge-gorge européen s'est révélée magnétosensible en éprouvette, davantage que celle du poulet et du pigeon.
Quatre paires radicalaires successives, associant flavine et tryptophane, interviennent dans les effets magnétiques observés sur cette protéine.
Trois réserves essentielles.
Il s'agit d'expériences in vitro sur des protéines produites en culture bactérienne, pas d'une démonstration chez l'oiseau vivant.
La rétine des oiseaux contient quatre types de cryptochromes, et le cryptochrome 4 y est localisé dans des cônes dont les gouttelettes lipidiques absorbent les courtes longueurs d'onde ; les auteurs eux-mêmes jugent « plutôt improbable » son rôle de récepteur dans ces cônes.
Ce point reste DÉBATTU.
Enfin, dire que l'oiseau « voit » le champ magnétique est une métaphore : la nature de sa perception reste à établir.
Nous ne publions ni les seize photorécepteurs discutés de la crevette-mante, ni les gammes de fréquences de l'électrolocalisation, faute de sources primaires vérifiées.